| Menus toxiques : un enfant ingère plus de 80 substances chimiques différentes dans la journée ! |
| Association - Articles divers |
| Écrit par HAMANN Laurent |
| Lundi, 06 Décembre 2010 19:01 |
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C'est parce que nous nous en inquiétons aussi que nous avons souhaité faire cette enquête. Depuis que nous travaillons sur le sujet de l'alimentation et de la contamination des aliments, notamment par les pesticides, nous n'avons de cesse de nous interroger sur l'exposition alimentaire « réelle » à laquelle une personne, particulièrement un enfant, est soumise durant une journée. A combien de substances chimiques différents sommes nous exposés dans une journée par notre alimentation ? A quel type de substances ? Les seuils fixés par les agences officielles sont-ils respectés ? Combien de substances soupçonnées d'être cancérigènes et/ou perturbant le système endocrinien ingérons nous de manière quotidienne ? C'est pour tenter de répondre à ces questions que nous avons souhaité mener l'enquête. Malheureusement les résultats de nos analyses vont bien au-delà de ce que nous craignions. Si dans la quasi-totalité des cas les seuils légaux (normes, limites) sont respectés pour chaque substance prise individuellement, nous avons été impressionnés par le nombre important de molécules différentes retrouvées susceptibles d'avoir des propriétés cancérigènes et/ou pouvant perturber le système endocrinien. Entre juillet et septembre 2010, le MDRGF a acheté dans divers supermarchés, des aliments (non issus de l'agriculture biologique) composants les repas types d'une journée d'un enfant d'une dizaine d'années. 4 repas et un encas ont ainsi été élaborés en suivant les recommandations du ministère de la santé. Ainsi 5 fruits et légumes frais par jour ont été inclus dans la journée, de même qu'au moins 3 produits laitiers et un litre et demi d'eau. Sans faire manger trop gras, trop salé ou trop sucré l'enfant, nous n'avons pu faire l'économie de quelques friandises qui entrent régulièrement dans les rations alimentaires des enfants. Détail des menus analysés
Les substances recherchées Selon les aliments nous avons ciblé les substances les plus susceptibles de s'y retrouver, parmi les familles de produits suivants :
Nous avons également fait analyser d'éventuels transferts de plastiques alimentaires vers les aliments ( phtalates et BPA). En effet, des substances chimiques peuvent se transférer dans la nourriture, notamment lorsque l'on fait chauffer son plat en plastique au micro-onde ou bien son eau dans une bouilloire en plastique. Nous avons recherché des additifs problématiques indiqués dans la composition sur les emballages des produits. Nous avons recherché des sous produits de traitement de l'eau et résidus de pesticides en nous appuyant sur les données du Ministère chargé de la Santé, résultat des analyses du contrôle des eaux destinées à l'alimentation humaine datées du 14 juin 2010 et 19 janvier 2010 - Installation de Beauvais Nord. Nous avons fait appel à plusieurs laboratoires accrédités COFRAC en France mais aussi en Belgique. Selon les substances recherchées, nous avons choisi le laboratoire qui nous semblait le plus performant et le plus réactif. Les principaux résultats Nos analyses montrent qu'en 24h, un enfant est susceptible d'être exposé, uniquement par son alimentation, à des dizaines de molécules chimiques soupçonnées d'être cancérigènes ou encore soupçonnées d'être des perturbateurs endocriniens par des instances sanitaires européennes ou américaines ! Au total, 128 résidus chimiques provenant de 81 substances chimiques différentes ont été ingérés dans la journée ! On retrouve notamment :
Ces 47 substances représentent en tout 89 résidus ingérés dans la journée. 37 substances différentes suspectés d'être des perturbateurs endocriniens (PE). Ces 37 substances représentent en tout 71 résidus ingérés dans la journée. Même si, dans la quasi-totalité des cas, les limites légales pour chaque substance chimique prise individuellement ne sont pas dépassées, on voit bien dans notre enquête que la réalité de l'exposition des consommateurs aux contaminants possiblement cancérigènes et/ou PE est préoccupante car elle résulte de l'ingestion de cocktails de très nombreuses substances. Les effets de synergie possible induits par l'ingestion de tels cocktails de contaminants ne sont pas pris en compte dans l'évaluation des risques posés par ces différentes substances et le risque final pour le consommateur est donc probablement sous estimé. Ce questionnement est repris par des instances européennes, des organismes chargés de l'évaluation et de nombreux scientifiques. Quelques conseils pour éviter cette contamination Consommer des produits issus de l'agriculture biologique L'AFSSA Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments reconnait que : "Le mode de production biologique en proscrivant le recours aux produits phytosanitaires de synthèse, élimine les risques associés à ces produits, pour la santé humaine." Cette alimentation sans résidus de pesticides a un impact très favorable sur le niveau de contamination corporel et donc la santé. Le fait de passer à une alimentation biologique élimine très rapidement les résidus de pesticides les moins persistants de nos organismes. Ainsi, une étude conduite sur des dizaines de groupes d'enfants montre que le passage à une alimentation bio fait disparaitre les résidus d'insecticides organophosphorés de leur organisme. Consommez des fruits et légumes de saison L'intérêt réside dans le fait que vous pourrez éviter les aliments produits sous serre qui peuvent « bénéficier » de traitement fongiques importants. Privilégiez les produits locaux Cela peut éviter notamment certains insecticides et fongicides qui sont mis dans les lieux de stockage, notamment pour la conservation. Ainsi, il est courant que les oranges ou des bananes, voyageant par cargos, sont traitées par des solutions de Thiabendazole ou autre fongicide. Evitez les plastiques alimentaires Pour éviter les phtalates, évitez les plastiques n°3, n°6 et n°7 en PVC pour vos usages alimentaires. Toutefois nos analyses montre qu'un contenant en plastique alimentaire n°5 (PP) peut aussi relarguer des phtalates. La prudence est donc de mise. Préférez autant que possible pour les contenants ou le stockage de la nourriture les matériaux en l'état actuel les plus sûrs : gré, verre, inox ou acier inoxydable, terre cuite, céramique. Eviter de chauffer de la nourriture ou des liquides dans des contenants en plastique. Evitez le PFOA (teflon) Vous pouvez choisir des poêles sans PFOA dont certaines marques font déjà un argument de vente et qui portent le logo « No PFOA ». Le meilleur ustensile de cuisson semble être ceux en acier inoxydable qui certes attache plus mais sont facilement nettoyable.
Source : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2613_menus_toxiques.php
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80% des français sont inquiets des résidus de pesticides présents dans les fruits, les légumes ou les céréales. Ils sont autant soucieux (80%) des contaminants que peuvent contenir le poisson ou la viande. Près d'un Français sur deux (48%) estime à ce sujet que les autorités publiques de l'Union européenne n'entreprennent pas suffisamment d'actions pour protéger les consommateurs de ce risque.