Les « AMAP » (france inter)
Association - Articles divers
Écrit par HAMANN Laurent   
Mercredi, 03 Mars 2010 11:41

Compte rendu de l'émission « interception »

sur France Inter du 28.02.2010 Les « AMAP ».

J’ai pris des notes, certes incomplètes, mais qui pourront vous amener à réfléchir sur les points de vue médiatiques quand à notre association et nos AMAP…

Journaliste : Yves de Kaamp

Preneur de son : Christophe Goudin.

 

Ecouter l'emisson:


En introduction, le journaliste a évoqué l’ouverture du salon de l’agriculture, porte de Versailles.Il a donné des indications quand à des fondements de « la philosophie »  des AMAP, à savoir :

  • Les « valeurs »  du marché (en temps que de méthode),
  • La sacro sainte concurrence
  • La dégradation du niveau de vie des paysans
  • Le choix de ne plus être des clients, mais de devenir des consomm’acteurs
  • La volonté des amapiens de choisir le soutien et l’aide à la vie de l’agriculteur.

Le reportage s’est décliné sous forme de « petits » thèmes abordés, le plus souvent, à travers l’exemple de différentes AMAP.


1 ° thème : la solidarité :

Lieu : Aquitaine, Castillon la Garonne

Paysans : Céline et Julien, 25 ans

Exploitation : 10Ha, 100% bio, 1 an d’existence

Taille de l’AMAP : 40 paniers

Distribution : en soirée

Panier type 16€

  • ¼ de courge
  • 1 Kg de PDT
  • 7oignons
  • Poireaux
  • 700g d’épinards
  • 1 botte de radis
  • 1 salade

Témoignage des paysans :

Constat : Si l’AMAP n’existait pas, il n’aurait pas pu s’installer.

Intérêts : prix déconnecté des valeurs du marché, prix du panier calculé sur les charges 2009 + 1000 € de salaire

Témoignage de Nicole Seicha, membre du collectif d’achat des terres :

Constat : 60 000 ha/an de terres agricoles qui disparaissent. Et nait alors une idée utopique, mais réalisée : l’achat des terres par le collectif de bénévoles à hauteur de 78 000 € (achat des terres et création d’une SCI). La famille des jeunes paysans ont acheté les locaux par une SCI familiale.

Constats :

Paysan locataire des terres que le collectif a acheté

Objectif : Augmentation du prix du panier 2010 pour avoir 1.5 salaire

2°thème : l’histoire des AMAP

Création de la 1°AMAP au Japon sur l’île d’Animata, pollué à l’extrême par une usine de production de pesticides. La population a vu sa qualité de vie mise en danger. Cela a entrainé la création d’un Teikkeï, en français Transparence. Les habitants ont proposé alors de payer par avance les fruits de la production enfin de bénéficier de produits sains.

3 ° thème : élévation de la conscience

Lieu : Mouillette

Paysans : Céline et Julien, 25 ans

Distribution : mardi et vendredi

Un amapien membre du bureau a expliqué l’accompagnement et le soutien à l’exploitant.

Le président a expliqué que le consommateur lambda se plaindra de manger beaucoup de choux, mais que la prise de conscience permet au consomm’acteur d’arriver à assumer sa manière de consommer grâce à un engagement actif.

Un autre amapien raconte l’intérêt du lien de la convivialité à travers l’échange des recettes, la découverte de légumes rares e/ou oubliés, type Pâtidou, Putternoot. Cette personne a aussi attiré l’attention sur le lien qui s’établit entre l’amapien et l’agriculteur.

4°thème : coût écologique du transport (TEP) et fausse croyance

Lieu : Paris, 14°Arr.

Exploitations : 40 à 150 Km

Taille de l’AMAP : Lapereaux thermophiles, 120 paniers. Une liste d’attente très longue.

Panier type 17 €

2 Kg PDT

700g poireaux

Radis noirs

2Kg de carottes

280g mâches

200g d’endives

Dans cette AMAP, les produits sont pesés.

Une amapienne est volontaire à la pesée et à la distribution. Elle a souligné la grande qualité des produits tant dans leur goût, leur maintien et leur conservation.

A la question du journaliste : « les AMAP sont des association de bobo, »

La réponse a été : qu’il s’agit d’une fausse image et que la diversité culturelle est là. Il s’agit de personne sensibilisées à une alimentation saine pour tous.

A la question du journaliste : «  Les AMAP, une solution d’avenir ? ». Il y répond en disant qu’il faut des adhérents militants qui s’engagent et des paysans bien préparés.

5°thème : les causes d’un « ratage » en AMAP.

Lieu : Vendée

Taille de l’AMAP : de Montaigu, 60 paniers

Constat des paysans : nous ne nous sommes pas assez préparés. Des pertes importantes en termes de production n’ont pas fourni assez de stocks. Le remord par rapport aux amapiens est difficile à gérer. Il n’y pas as eu de livraisons depuis 2 semaines.ils vivent très mal la situation car le sens de l’AMAP est réduit à rien.

Cependant, la réaction s’est faite en allant vers des collègues qui ont validé un planning de culture et la satisfaction d’avoir transformé des terrains en jachères en champs de maraîchage.

Constats et réactions des amapiens rapporté par le coordinateur :

Des reproches, dialogue rompu, « l’oubli » du soutien même dans la difficulté car il y a des différences sociales et des réflexes de rentabilité dû à l’absence de sevrage.

6° thème : l’avis de la FNSEA (= Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles)

Les AMAP sont :

Système d’appoint

C’est pour des citadins

C’est une niche paysanne

Pas assez de client

Ne croit pas en son fort développement car, nous oublions la différence entre le repas festif et le repas hebdomadaire

Impossibilité d’avoir une autosuffisance alimentaire sur le territoire.

L’agriculture traditionnelle a vue la diminution de 30% de l’usage des phytosanitaire depuis 20 ans.

7° thème : solidarité dans la formation. Difficulté d’accès au foncier

Lieu : Seine et Marne

Exploitations : fermes « couveuses »

JL Colin explique : Devant de nouveaux paysans n’étant pas né dans le milieu. Les fermes couveuses sont une solution pour préparer à l’installation de jeunes agriculteurs. Avec une mise à disposition de matériels et de terrains permettant de fournir leur propre AMAP. Cette solution permet aux paysans de maintenir leurs droits sociaux jusqu’à leur autonomie.

Témoignage d’une jeune paysanne :

Mon parcours, c’est une licence en recherche italienne suivit de 3 ans de chômage. J’ai toujours aimé le contact avec la nature, c’est pourquoi, j’ai choisi de devenir paysanne c’est beaucoup de problème à l’installation, administratifs. Le 1 ° problème est l’accès au foncier, le 2° le droit aux prêts.

8°thème : l’engagement de mandataires politiques

Lieu : Paris, Portes de Vanves. Lamperont

Paysans : Jérôme de Contes

Distribution : le jeudi soir

La peur de certains agriculteurs a entrainés certaines communes à interdire les AMAP.

Cependant les AMAP ne font pas de concurrence car elles ne dépendent pas d’une dynamique commerciale.

La fille du maire de Lampremont explique le soutien actif de la commune dans l’installation de leur AMAP :

« La ville et l’organisme SAFER (=sociétés spécialisées dans la vente de biens fonciers ruraux ont permis de préempter le terrain nécessaire. S’en est suivi la recherche d’un fermier. Pas simples car ils sont très peu à s’engager dans une économie solidaires. La commune s’est aussi engagée à être « la variable d’ajustement » en garantissant l’achat complémentaire de la production pour les cantines. Nous aidons aussi avec la mise à disposition du logement. »

9° thème : Daniel Vuillon

Avec on épouse, ils sont les « importateurs » du système AMAP en France.

Son témoignage :

Depuis 40 ans qu’existent les AMAP au Japon, on constate que le 1/3 de la population nationale consomment en AMAP et qu’il y a 10% de la population nationale qui est agriculteur en AMAP.

En France, 90% de notre lamentation étant distribué par les « grands » circuits ; il faut développer la liberté de choix d’entrer dans cette filière. Il faut laisser le droit à l’accès à une nourriture saine et de qualité pour tous. De créer ou recréer un lien et de la place pour nos paysans.

Si l’augmentation du prix des carburants vient à augmentateur à quel prix sera notre alimentation ?

Ma conclusion thème par thème :

Dans le 2° thème, un reportage réalisé par la 5° (me semble-t-il ?) , m’a permis de voir bien plus qu’une mise en danger, mais une population décimée par le cancer, des enfants malformée et polyhandicapée, un biotope complètement détruit.

Dans le 4° thème : TEP = tonne équivalent pétrole. Je rajouterai que là ou la « bio » vient biaisée la relation agriculteur-consommateur, c’est sur ces kilomètres parcourus par l’aliment et la mise en danger de l’avenir de nos enfants, par la nécessité mercantile de vendre pour vivre. Cruel dilemme…

Dans le 5° thème : « sevrage », mot dur mais qui traduit un manque contre lequel nous luttons :

La visite et les ateliers réguliers à l’exploitation

Dans le 6° thème : que dire ? L’obsoléscence des propos traduit l’ignorance de l’engagement d’amapiens surtout au niveau des thèmes de l’humanisme, de la générosité, de la morale.

Dans le 9° thème : je reviens sur la disponibilité et la gratuité des énergies fossiles. Il est urgent pour tous de « penser » aussi  son alimentation en termes de kilomètres.

Qu’est-il pour vous plus cohérent :

«Manger une banane bio qui vient de Martinique soit 7000 Km en avion, (sans parler du scandale de la chlordécone) ou de manger des pommes d’Erstroff ?

Je constate qu’on ne sait pas quand ces reportages ont été enregistrés. Il est dommage de ne parler que d’exploitation « bio », alors que ca n’est pas un fondamental des AMAP. De plus cette appellation commence à être galvaudée par les « grands circuits de distribution ». Le consommateur est à nouveau dans un choix dirigé de son alimentation.

Pour terminer, la culture nourrit depuis 8000 ans l’Homme. Et pourtant, en 50 ans, nous (soit 1/5 de la population mondiale) nous retrouvons avec des aliments raffinés, des variétés appauvries et uniformisées, des générations qui oublient le travail et la dureté de « faire » sa nourriture et en plus nous « exportons » ce paradigme au 4/5 ° du monde !

C’est pourquoi de façon naturelle nous ; amapiens ; revendiquons le retour à la relation et au respect de notre Terre.

 

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